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REPORTAGE POLYPHONIA(3)

Publié par Polyphonia sur 25 Novembre 2015

REPORTAGE POLYPHONIA(3)

- Expliquez-nous un peu vos débuts dans cette chorale et comment décide-t-on de devenir choriste ?

       - Le temps passe vite et cela fait maintenant plus de trois ans que je participe modestement à la vie de Polyphonia, c’est dire si je m’y sens bien ! Je précise que quand je parle des membres de la chorale, j’en parle au masculin par facilité, même si les femmes sont largement majoritaires. Pour répondre à votre question, je ne saurais pas vraiment dire pourquoi j’ai franchis le pas, j’écoutais bien parler de chorales par des amis qui en faisaient partie, mais tant que je travaillais, l’idée ne m’avait jamais effleuré. Je suppose que comme beaucoup, une fois la retraite arrivée, la peur de l’ennui m’a fait rechercher des activités pour combler le vide laissé par le travail.  

       J’ai eu la révélation un soir de concert de la  Chorale Polyphonia à l’église de St Eloy, au profit de la ligue contre le cancer, dont je fais partie. Je me suis aperçu que je prenais plaisir à fredonner les chants interprétés par Alain (le président d’alors) et ses amis choristes. Plus particulièrement « Charlie » de Gilbert Bécaud, qui m’avait produit un effet particulièrement intense. Pourquoi ? Impossible à dire, mais j’ai eu à ce moment une envie irrésistible de faire comme eux : pour moi qui n'y connaissais rien, c’était un peu comme un défi. J’étais décidé. Je ne mesurais heureusement pas bien les efforts que j’aurais à faire pour essayer d’arriver à leur niveau et me fondre dans leur groupe, puisque je n’avais jamais chanté. Peut-être que je fredonnais un peu sous la douche ou en me rasant le matin, mais j’étais plutôt un siffleur. J’adore siffler, je suppose que c’est mon père qui m’en a donné le gout. Je ne peux pas écouter de la musique ou des chansons sans inconsciemment siffloter en même temps…

-Comment s’est passé votre intégration ? Je suppose que ce n’est pas très facile !

     Une chorale est, comme tous les groupes, une mini-société en puissance, avec ses meneurs, ses clowns, ses sérieux, ses ronchons, ses donneurs de leçons, ceux qui veulent commander et ceux qui sont en retrait. Créé depuis environ douze ans, quand je l’ai intégré en 2012, en compagnie de deux amis, Jean et Bernadette, Polyphonia était dans son rythme de croisière, avec une bonne cinquantaine de choristes. Avec quatre pupitres : les sopranes, les altis, les ténors et les basses. Un chef de chœur René, un accompagnateur : Pierre, et aussi Solange qui chante et se met à l’accompagnement sur certains chants. Trouver sa place dans un groupe quel qu’il soit, est toujours délicat, on a l’impression que les autres vous observent constamment, alors que certainement il n’en est rien, en prime je connaissais très peu de choristes, (à part ceux qui m’avaient parrainé). En principe, chacun a sa place, dans chaque pupitre. Certains aiment être devant, d’autres préfèrent l’arrière (comme moi). Mais en plus de ces préférences de situation, il faut trouver celui qui peut vous entrainer et vous guider, c’est fondamental quand on débute.

     J’ai eu la chance que dans les ténors, j’étais seul à débuter en chorale donc j’avais l’embarras du choix pour me trouver un guide. Celui qui vous rappelle la note de départ, qui sait lire la musique et souvent qui entraine les autres, à Polyphonia nous avons ça en magasin... et en plusieurs exemplaires ! Finalement après plusieurs essais, je me suis acclimaté au fond, entre deux choristes avec qui je m’entends parfaitement, pour leur humour et pour l’un des deux avec sa voix de baryton. On peine tous les deux dans les aigus, mais souvent nous en rions de bon cœur. Le second est le doyen des hommes mais son humour est étonnant et c’est un vrai ténor du début de la chorale (15ans). Chanter sérieusement sans se prendre au sérieux, j’ai compris que c’était la philosophie d’une chorale. L’humour et la dérision en sont le ciment, et les fous-rires sont nombreux. Le plus dur pour nous, c’est quand René s’occupe des autres pupitres et qu’il faut rester silencieux. Pour être précis, le  pupitre des ténors chante effectivement environ vingt minutes sur deux heures de répétition. La tolérance y est de mise, et jamais personne ne m’a dit en face que je chantais parfois faux, ce qui est surement arrivé plus d’une fois, et qui continue d'arriver !

  • Si j’ai bien suivi, vous avez débuté il  y a trois ans, en 2012 ?
  •       Exactement en mars 2012,  je n'aurais peut-être pas tenté l'expérience si je n’avais pas connu deux amis, Jean-Pierre et Christine, qui m’ont « tenu la main » et qui m’ont présenté à René notre chef de chœur, en compagnie de Jean et Bernadette. Heureusement, pas d’audition, je ne sais pas si je l’aurais supporté ! René m’a simplement demandé si j’étais ténor ou basse, comme je ne savais pas trop, il m’a fait une démonstration des deux et j’ai plutôt pensé que je serais plus à l’aise en ténor. J’ai appris depuis, qu’en fait, j’étais baryton.

       À partir de là, l’apprentissage a débuté. Nous sommes tombés, nous les trois débutants, sur la période « bénie » de Lybertango, avec les « payampapi yapiyam » répétés sans cesse. Je me suis bien posé la question de rester ou d’abandonner, tant je trouvais ça rébarbatif ! Heureusement j’ai tenu bon, en me demandant si la chorale allait, un jour, passer à autre chose. Je reconnais que chanter n’est pas toujours jouissif, tout dépend de sa facilité  à chanter juste. Quand on chante seul, personne ne vous écoute et c’est trop facile, on ne se rend même pas compte qu’on chante parfois faux. Si c’est trop haut on change d’octave et on rechange si c’est trop bas. Mais en chorale il faut suivre comme les autres et parfois ça demande des efforts au niveau de la voix, qu’on n’imagine pas. Il m’arrive de ne pas pouvoir "attraper" la note juste, et à ce moment je me sens vraiment nul. Je vois le regard du chef qui se porte sur moi et je rapetisse sur ma chaise. Il faut l’avouer, heureusement René ne fait jamais de remontrances individuelles, mais il lui arrive d’en faire sur les pupitres (surtout les ténors), parfois ils sont piquants mais toujours pleins d'humour.  

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