reportage POLYPHONIA(5)
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-Une chorale doit normalement faire des concerts, qu’en est-il de Polyphonia ?
Ils sont ce pourquoi nous « travaillons » tout au long de l’année, même si les répétitions sont un vrai plaisir. Comment vous dire, les concerts sont les instants où nous nous sentons vraiment un groupe et où nous sommes en communion tous ensemble. On oublie toutes les petites dissensions qui peuvent parfois se créer entre nous, pour donner le meilleur de soi. Chanter en concert, c’est aussi se mettre un peu en danger en se soumettant au jugement du public. C’est souvent René qui reçoit les demandes de concerts avec d’autres chorales du secteur, et c’est toujours lui qui décide si nous acceptons l’invitation. C’est aussi lui qui choisit le nombre et les chants interprétés. Nous faisons souvent du covoiturage, mais il arrive que nous affrétons un bus, notamment pour les invitations plus lointaines, comme Pierrelatte, Bracieux, Villosanges et récemment Bourbon l’Archambault. C’est l’occasion d’échanger avec les autres groupes, de comparer nos répertoires, de parler des répétitions, de voir d’autres costumes etc…Récemment nous avons introduit quelques accessoires comme des bérets de marin (fabriqués par nous) pour chanter « Trimartolod » et une petite mise en scène qui consiste à se balancer. Le public à l’air d’apprécier ! Certains ont le trac. Je ne sais plus qui a dit qu’il venait avec le talent, pour moi il m’est inconnu... on peut en déduire ce que l’on veut ! C’est une impression bizarre de chanter en public, heureusement ça n’a rien à voir avec le fait de chanter seul, ce que je n’oserais surement pas faire. On se dilue dans le groupe et même si on se sent fier individuellement, c’est l’ensemble qui est la « vedette ». Il nous arrive de faire des fautes, mais le public, toujours indulgent, ne semble pas s’en apercevoir et l’instant des applaudissements, et parfois des rappels, fait toujours chaud au cœur. La question du placement pendant ces concerts est aussi importante, on trouve rassurant d’être près des personnes qui chantent aussi avec vous lors des répétitions. Certains veulent se montrer alors qu’au contraire d’autres se cachent, mais le principal pour nous est de voir le chef et ce n’est pas toujours facile, en fonction de la configuration de la scène. Le seul bémol que je formulerais pour les concerts est, que souvent, nous nous déplaçons parfois assez loin pour chanter avec plusieurs chorales, ce qui fait que pour des questions de temps, nous n’interprétons que cinq chants et parfois même quatre, et c’est assez fréquent. L’idéal pour éviter cette frustration est quand nous sommes la seule chorale invitée et où nous pouvons alors chanter une bonne dizaine de chants. Notre dernier concert à Bourbon-l’Archambault a été très apprécié par nous tous avec une vingtaine de chants interprétés. Jongler avec l’absence de certains, pour choisir le répertoire d’un concert, n’est pas facile non plus pour René qui doit tenir compte de l’équilibre des pupitres.
-Certaines chorales sont spécialisées dans certains types de chants, quand est-il de Polyphonia ?
Le répertoire est choisi évidemment par le chef de chœur. Il le dit lui-même, il choisit la difficulté et l’originalité plutôt que la facilité, mais il faut l’avouer, nous avons grâce à lui un répertoire dont on peut être fier et qui ne ressemble pas à celui des autres. Il est assez éclectique et va des chants du moyen-âge à ceux de nos jours en passant par les mélodies africaines, sud-américaines, avec des gospels et des chants religieux sans oublier la variété et le classique. René met un point d’honneur à toujours nous faire interpréter des chants nouveaux dans des lieux où nous avons déjà chanté, ce qui nous oblige à nous renouveler constamment.
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