Nouveau chant à notre programme: Lily
Dans notre nouveau répertoire,"Lily" fait partie de deux nouveaux chants, qui avec "Chanter pour ceux", collent bien avec l'actualité du moment, en traitant, avec tact, de l'immigration.
Pierre Perret, avec sa sensibilité en a fait un symbole anti-raciste reconnu par beaucoup. Ce chant a même été proposé aux épreuves du bac 2005 en section technologie. C'est dire s'il fait partie de notre culture ! Cette chanson date de 1977, période où le chômage explose après le premier choc pétrolier de 1973 et où il touche d'abord les immigrés, sans diplômes et sans formations.
Comme le dit si bien Pierre Perret: "elle s'est tapée les sales boulots", "ses frères de couleur l'accompagne au marteau-piqueur".
La musique de ce chant évoque la musique africaine, les propos sont forts et lourds de sens, P Perret choisit de retracer la vie d'une jeune noire arrivée de Somalie pour fuir la guerre qui sévit dans son pays.
" Elle croyait qu'on était égaux au pays de Voltaire et d'Hugo" Cette phrase résume toute la première partie de cette chanson qui se passe en France.
La deuxième partie se passe aux USA où elle rencontre Angéla Davies avec en fond la ségrégation raciale institutionnalisée.
La dernière partie est tout de même porteuse d'espoir avec le métissage qui pour Pierre Perret est surement une des solutions au problème du racisme.
Le personnage de Pierre Perret comporte deux facettes, l'une légère et comique et l'autre beaucoup plus sérieuse où il s'attache à dénoncer les problèmes de nos sociétés Française et même mondiales.
Il est né en 1934 à Castel-Sarrasin dans le Tarn et Garonne, où ses parents tiennent un Café, ce qui lui donne une bonne connaissance de l'argot qu'il parle avec les clients. Il entre au conservatoire de Toulouse à 14 ans et obtient à 19 ans un premier prix de saxophone. Parallèlement, il joue dans les bals populaires avec son orchestre ( 4 personnes). En 1956, il monte à Paris et accompagne à la guitare les artistes qui chantent dans les cabarets. Il rencontre Brassens et Léautaud dont il s'inspire fortement.
A partir des années soixante, il enchaîne les succès avec la plus célèbre " le zizi" et aussi "les jolies colonies de vacances". Il tourne aussi au cinéma " les patates" de Claude Autant Lara et "le juge" avec Robert Hossein.
Pierre Perret a aussi interprété de nombreuses chansons paillardes qu'il a enregistré sur CD. Pourtant, avec ses 80 ans bien sonnées, ses dernières chansons sont beaucoup plus sérieuses, comme si avec l'âge il s'assagissait, l'image du chanteur frivole et comique s'estompe au profit du philosophe ( "la femme grillagée", "la bête est revenue", " riz pilé", "vert de colère"). Il est aussi auteur de nombreux livres sur sa passion de la cuisine et de la "bonne bouffe" ainsi que des grands vins et l'argot dont il a écrit un dictionnaire.
En conclusion, on peut affirmer que Pierre Perret est un personnage qui compte dans notre époque, il est d'ailleurs souvent consulté par les politiques qui voient surement en lui un représentant de la pensée française dans sa complexité habituelle.
Je pense refléter la joie sincère de tous les choristes de Polyphonia, d'interpréter bientôt "Lily" avec les élèves de Dudat-Larequille.



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